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Encadrement des loyers en copropriété : loyer de référence et complément

L’encadrement des loyers n’est pas un gadget de communication. C’est le cadre qui dit jusqu’où un bailleur peut aller dans certaines communes, à la mise en location comme au renouvellement. Quand on loue un logement en zone tendue, ce point mérite d’être vérifié avant même d’écrire le bail.

La réponse courte

Dans certaines communes situées en zone tendue, le loyer peut être plafonné par un loyer de référence, un loyer de référence majoré et, dans certains cas, un complément de loyer. La règle s’applique selon le type de bail et le territoire concerné, pas de manière générale sur toute la France.

Le vrai piège, c’est de confondre zone tendue et encadrement des loyers. La zone tendue ouvre la porte à plusieurs dispositifs; l’encadrement des loyers, lui, dépend en plus d’un arrêté préfectoral et d’un territoire où le dispositif est effectivement appliqué.

Ce que disent les sources officielles

Service-Public explique que l’encadrement des loyers limite l’augmentation du loyer lors de la mise en location d’un bail d’habitation ou d’un bail mobilité, dans certaines communes situées en zone tendue : service-public.fr.

La même fiche précise qu’on y retrouve un loyer de référence, un loyer de référence majoré et un loyer de référence minoré, avec un complément de loyer possible seulement dans certaines conditions : service-public.fr.

Service-Public consacre aussi une fiche au complément de loyer. Depuis les baux signés à partir du 18 août 2022, ce complément est interdit si le logement présente l’un des défauts listés par le texte, notamment en cas de non-décence ou de certaines caractéristiques de confort insuffisantes : service-public.fr.

L’ANIL précise que le dispositif repose sur des loyers de référence fixés par arrêté préfectoral dans les territoires concernés, avec une majoration unitaire pour les logements meublés. Elle rappelle aussi que le complément de loyer doit être justifié par des caractéristiques de localisation ou de confort non déjà prises en compte : anil.org.

Le cadre législatif est porté par l’article 140 de la loi ELAN et par le décret n° 2015-650 du 10 juin 2015 pour les modalités de mise en œuvre : Légifrance et Légifrance.

Loi ELAN - article 140

Dans les zones tendues et les territoires où l’arrêté préfectoral a été pris, le loyer ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré, sauf complément de loyer justifié dans les cas autorisés par les textes.

Le mécanisme en pratique

Élément Rôle concret
Loyer de référence C’est la base de calcul locale observée par secteur, catégorie et type de location.
Loyer de référence majoré C’est le plafond usuel. Le loyer demandé ne doit pas le dépasser sauf complément de loyer justifié.
Loyer de référence minoré Il sert de repère pour les logements sensiblement moins chers ou pour certaines réévaluations encadrées.
Complément de loyer Il ne peut pas compenser un logement banal. Il doit être justifié par une caractéristique réelle non prise en compte dans le loyer de référence.

Concrètement, on regarde d’abord la commune, ensuite le secteur, ensuite la catégorie du logement, puis le statut meublé ou vide. Ce n’est qu’après ce filtre qu’on peut parler d’un plafond ou d’un complément de loyer.

En pratique, un logement banal présenté comme “premium” sans justification nette est le terrain classique du conflit. Le piège classique, c’est de croire qu’un balcon ou une belle vue suffit à tout faire passer. Ce n’est pas automatique.

Comment vérifier votre loyer

1

Vérifier le territoire

Confirmez que la commune est bien soumise à l’encadrement des loyers.

2

Identifier la catégorie

Retrouvez le type de location, le nombre de pièces et la zone géographique.

3

Comparer au plafond

Le loyer proposé ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré sauf cas particulier.

4

Contrôler le complément

Un complément ne se justifie que par des caractéristiques réelles et non déjà intégrées au loyer de référence.

5

Vérifier le bail

Le bail doit mentionner les éléments nécessaires pour que le loyer soit défendable.

Commencez par vérifier que le logement est bien dans un territoire concerné. Sans arrêté préfectoral applicable, l’encadrement des loyers ne fonctionne pas de la même manière. C’est la première porte d’entrée, et elle évite de se tromper de régime.

Ensuite, comparez le loyer proposé au loyer de référence majoré. Si vous êtes au-dessus, demandez-vous d’abord si le complément est juridiquement défendable, puis si le bail le mentionne proprement. Sans ça, le dossier est fragile.

Enfin, si le logement est F ou G, ou s’il est non décent, le complément de loyer peut être interdit. Là encore, la qualité du logement pèse directement sur le prix. Ce n’est pas une intuition, c’est un filtre juridique.

Le lien avec les autres guides

Pour le préavis et la sortie, relisez le guide zone tendue et préavis réduit et le guide congé et préavis locatif. Les deux sujets se recoupent dans les villes où le marché est tendu.

Si le logement est meublé, le guide location meublée résidence principale et le guide bail mobilité sont les bons compléments.

Pour les litiges sur le prix, la conciliation locative aide à cadrer la discussion avant de partir au tribunal.

Questions fréquentes

L’encadrement des loyers s’applique-t-il partout ?

Non. Il concerne certains territoires soumis à un arrêté préfectoral et, en pratique, des communes bien déterminées dans les zones tendues.

Un complément de loyer est-il automatique ?

Non. Il doit être justifié par des caractéristiques de localisation ou de confort non déjà prises en compte dans le loyer de référence.

Le bail mobilité est-il concerné ?

Oui, Service-Public indique que l’encadrement peut aussi toucher un bail mobilité lorsque le territoire est soumis au dispositif.

Que faire si le logement est non décent ?

Le complément de loyer peut être interdit et le dossier doit être réexaminé. Le logement décent devient alors un prérequis, pas une option.

Information à jour au . Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique personnalisé. En cas de doute sur le loyer de référence, le complément ou la décence du logement, passez par l’ADIL ou un avocat spécialisé.

Fixer un loyer défendable

Vérifiez le territoire, le plafond et le complément avant de signer. C’est le moyen le plus simple d’éviter un litige inutile.